Jeudi 12 octobre 2006
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Les élections communales 2006 ont été entachées d'un début d'intolérance dans ce qui était jusqu'à présent une commune modèle: Saint-Gilles (1060).
En effet, 3 femmes musulmanes n'ont pu remplir leur rôle d'assesseur du fait du port du voile. Nous avions un modèle de laïcité à la belge, royaliste, et voilà que les socialistes, certains socialistes, voudraient copier le modèle républicain français de laïcité qui dit "cachez ces différences et ces croyances que je ne saurais voir"! Modèle républicain issu de la haine des religions, en premier la judéo-chrétienne. Ce problème donc loin de concerner les seuls musulmans, concerne tout croyant, juif, chrétien, hindou, bouddhiste, musulman, rastafari qui sous prétexte d'être trop visibles seraient ainsi appelés à se cacher dans le moule d'un uniforme obligatoire du laïc libre et heureux de l'être.
Parallèlement on appelle à un dialogue des cultures. Mais si on gomme les différences il n'y aura plus dialogue mais monologue à deux.
Pour un humaniste cet état de chose est insupportable. Que sont les grandes périodes historiques d'humanismes? Ce sont des périodes de rencontres entre peuples qui ne nient pas leurs différences, les affichent, tout en partageant leurs savoirs respectifs.
Ainsi l'Age d'Or de l'Islam de Bagdad à Cordoue (XIIe-XVe Siècles) qui ramena vers les moines catholiques les écrits des philosophes grecs, la science des différents peuples d'Orient. C'est en Cordoue musulmane, de 1490 à 1530 que fut codifié le Zohar, source de la Cabale juive. On ne demandait à personne à l'époque de cacher ses convictions.
On pourrait parler longtemps des liens entre humanisme, Rennaissance latine et religions mais différents reportages-films d'ARTE l'ont déjà fort bien fait.
Tout cela pour dire qu'il convient de préserver notre modèle de laïcité à la belge qui admet les différences et surtout ne pas cpier le modèle français qui les passe à l'eau de javel: plus blanc que blanc.
Par Philippe J-A Le Bihan
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Mardi 22 août 2006
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On parle volontiers de la richesse qu’il y a à accueillir dans le multiculturalisme. Mais laisse la-t-on s’exprimer dans toute son entièreté ? De fait, après maintenant 50 ans d’accueil de populations maghrébine et perse on ne peut pas dire que notre urbanisme en a été notablement marqué. Certes il y a eu des nouveautés dans les modes d’alimentation, de musique, mais quid de l’espace culturel profond ? Quid de l’espace de vie spirituel et corporel ?
En effet on ne permet pas aux nouveaux migrants de marquer leur empreinte dans notre vie quotidienne. Parallèlement à cela on vit en pleine déculturation : y a-t-il encore une culture en dehors du béton rectangulaire ? Il reste des îlots dans les vieilles villes à Bruxelles-Centre, Bruges et ses canaux, mais sinon on est loin de l’extravagance des centres économiques asiatiques, des ruelles marocaines ou algériennes. Seules les églises catholiques réveillent encore le quotidien des pigeons gris qui survolent et se posent en nos villes.
C’est le moment d’appeler ici à la création d’une nouvelle Andalousie qui pourrait débuter par la construction d’une Cordoue-la-Neuve (faisant immédiatement référence à Louvain-la-Neuve). C’est un rêve récurrent cette Cordoue-la-Neuve. Son nom m’est venu de ce que je l’imaginais juste à côté, et jumelée avec l’université de Louvain-la-Neuve. Je l’imagine entourée d’une muraille et percée de grandes portes, comme les vieilles villes marocaines.
Que serait-elle, que contiendrait-elle ? Elle contiendrait une église (œcuménique), une synagogue (œcuménique) et une mosquée (œcuménique). Mais ce n’est certainement pas tout. Elle offrirait des cours de haut niveau que n’offrirait pas l’Université de LLN avec laquelle elle serait jumelée. Des cours de culture, d’arts et d’artisanats propre à chaque culture et interculturels. Il ne s’agirait pas seulement de se fréquenter mais aussi de partager, d’échanger, de mélanger même, selon les désirs de chacun.
N’oublions pas que la Cabale a été codifiée dans le Zohar entre 1490 et 1530 dans l’Andalousie musulmane. Donc certainement que le partage est bénéfique. Encore faut-il s’en donner les moyens.
Enfin Cordoue-la-Neuve pourrait devenir un lieu de vie. On pourrait y ajouter en annexe une ville ou un village qui accueillerait premièrement les gens qui viendraient assister pour un week-end ou une semaine à une conférence, secondement des habitants fixes. Les loyers devraient y être modérés car les riches connaissent déjà le multiculturalisme : ils peuvent voyager d’un bout à l’autre du monde. Cette ville devrait accueillir les basses classes avec ainsi une réelle vocation d’ascenseur social ou à tout le moins culturel (mais l’un ne va pas sans l’autre).
Une telle cité serait profitable à toutes les cultures et rayonnerait dans toute l’Europe, soyons-en sûr.
Vive Cordoue-la-Neuve, vive le Roy !
Par Philippe J-A Le Bihan
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Mercredi 16 août 2006
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Les hagiographes de la Révolution française, qui sont nombreux parmi nos « révolutionnaires » folkloriques belges, ne s’imaginent pas à quel point ladite révolution fut, bien que réalisée par une partie du peuple, réactionnaire, rétrograde et de droite, pour tout dire.
On ne peut honnire la peine de mort pratiquée aux USA et d’un autre côté l’accepter en tant qu’expédient révolutionnaire. Et cela n’est qu’un point. Ainsi l’auteur de la Sociologie de la Révolution aux PUF Que sais-je ? note qu’on était certainement plus libre sous Louis XVI et même Louis XIV que sous le régime révolutionnaire. Et de fait, n’aboutira-t-on pas à des aberrations telles que Robespierre qui initia la guillotine y périt lui-même sous prétexte d’appartenance à une société religieuse ?! Et que fit-on des Droits de l’Homme ? On les écrivit, c’est déjà cela…
Passons les épisodes de massacre contre l’Eglise, la comparaison avec ce qui se passe en Chine se suffit à elle-même. Mais socialement, le Peuple vivait-il mieux avant plutôt qu’après la Révolution. La encore il convient de bousculer les idées. A la campagne que signifiait être serf ? Cultiver pour un seigneur tout en ayant son lopin de terre et ses animaux à soi, pour sa propre subsistance. Et bénéficier de la protection armée du seigneur en cas de guerre.
Avec la Révolution, la vie à la campagne change : « vous êtes libres !!! », c’est-à-dire que vous travaillez pour un propriétaire terrien, un bourgeois, que vous n’avez plus de lopin de terre ni de troupeau personnel mais par contre vous percevez un salaire. Et ce salaire ? Et bien il était tellement maigre qu’il provoqua l’exode rural vers les villes. Même chose pour les villes avec la disparition des Corporations de Métiers, leur interdiction en fait.
En fait la Révolution française, sous un vernis de progressisme n’a servi qu’à préparer la montée de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie à l’Assemblée Nationale. N’a servi qu’à faciliter une autre révolution : le libéralisme, l’industrialisation, non plus l’outil au service de la main de l’homme mais l’homme au service de la machine !
Et voilà ce qu’admirent nos anti-monarchistes de gauche (disent-ils)…
Par Philippe J-A Le Bihan
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Lundi 31 juillet 2006
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Comme bien souvent pour les grands philosophes, et c'est une tradition antique, leur pensée profonde ne se révèle pas dans leurs écrits théoriques mais plutôt dans leurs romans
philosophiques. Ainsi parlait Zarathoustra n'échappe pas à la règle.
D'abord le nom du personnage clef de voûte: Zaratoustra, voyons ce qu'en dit le Larousse: "Zarathoustra ou Zoroastre Iran VII-VI s av. J-C ... Sa
réforme, le zoroastrisme, met l'accent sur la transcendance divine et prêche une morale d'action basée sur la certitude du triomphe de la justice". Il s'agit à l'époque d'un culte
voué au soleil. Nietzsche choisit donc comme héros un théologien, un croyant.
Cela est significatif de ce que veut dire Nietzsche dans son livre. En effet, Ainsi parlait Zarathoustra est truffé de symbôles religieux tant antiques que modernes.
D'abord Zarathoustra, ermite, se nourrit de miel. Or l'abeille était vue par les philosophes grecs comme l'insecte qui apportait la lumière divine (le soleil) sous forme de miel sur la bouche des
poètes qui ainsi étaient divinement inspirés. Ensuite il est entouré tout le long du récit de deux animaux: un serpent (symbôle de la chute hors d'Eden) et d'un aigle (seul animal réputé savoir
regarder le soleil, Dieu, dans les yeux, symbôlisant ainsi le retour en Eden).
Zarathoustra est à la quête du surhomme. Il entend dans la forêt un cri qu'il croit être celui du surhomme, il accourt et ne trouve qu'un simple mortel. Et ainsi plusieurs fois. La
nuit tombée, il entend formellement le cri du surhomme et le voyant le reconnais comme tel: un lion! Or le lion est un animal qui dans bien des religions mésopotamiennes et aussi
la judéo-chrétienne représente Dieu, le Dieu monothéiste. (Le lion de la Tribu de Juda).
La question qu'on peut se poser est: Friedrich Nietzsche n'a-t-il pas cherché à démontrer que le surhomme était Dieu lui-même et, plus loin, l'homme retrouvé en Eden; l'homme en
communion avec Dieu.
Nietzsche ne se révèle-t-il pas là comme croyant?
Par Philippe J-A Le Bihan
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Samedi 8 juillet 2006
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Jean-Jacques Goldman en parle magnifiquement dans Tournent les Violons. Il y parle d'une fête en un château, de Princes et de Chevaliers. Mais aussi d'une servante malheureuse. Malheureuse pourquoi? Car un Prince a perdu sa noblesse de coeur.
Avant d'être anobli, le Patriarche de la famille a dû prouver sa valeur tant chevaleresque que, plus souvent, de coeur. Certes, plus récemment, on achetait les titres de noblesses. Mais il fut un temps où la Noblesse ne s'achetait pas, elle se démontrait et était récompensée par le titre. La Noblesse de Coeur était ainsi validée en Noblesse de Sang avec la descendance du Patriarche.
Il convient, dans l'éducation d'un noble, de transmettre cette noblesse de coeur. Sinon tout se passe comme dans la chanson: le Prince rend ses sujets malheureux. Dans cette chanson il n'est question que d'un amour promis puis oublié, mais les allégories sont nombreuses que l'on peut faire.
Mais en restant à ce simple niveau on peut se dire que si le Prince Albert de Monaco avait eû cette noblesse de coeur, il ne serait pas obligé aujourd'hui de reconnaître nombre d'enfants de part le monde.
Mais la notion de noblesse de coeur ne s'arrête pas à ces simples frivolités. Nous vous laissons en discuter librement dans les Commentaires...
Par Philippe J-A Le Bihan
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