Le problème est que vu le style de musique et la manière de prononcer leurs textes par des borborygmes, des alitérations scandinaves, voire germaniques, la plupart des spectateurs n'en retiennent finalement que la mise en scène. Et ces spectateurs, en ce qui concerne les admirateurs du satanisme, prennent la chose bien plus au sérieux que les artistes; très très au sérieux.
Face à cette mode qui envahit l'Europe occidentale, il convenait donc de mieux en étudier les implications des fondements et surtout faire une historiographie des satanistes célèbres tant dans les milieux autorisés que surtout dans les milieux profanes, si on ose dire.
Le plus célèbre des satanistes est sans aucun doute Hitler. Déjà dans son livre "Mon Combat", il écrit "[mon projet est] que la charité judéo-chrétienne n'ait plus court". Par charité judéo-chrétienne, il ne faut pas seulement entendre ce que tout un chacun entend par charité; il s'agit certes de la dîme et des dons aux pauvres mais aussi de l'acceuil de l'étranger, du différent de soi, d'une préoccupation de chaque instant pour les malheurs du monde.
Mais ce qui en fait un sataniste n'est pas seulement cela, sinon on pourraît qualifier également Marx ainsi, mais bien que Hitler était féru de mythes scandinaves et hindous. Et toute sa pratique consiste en une inversion des principes de ces mythes ou plutôt de leurs symbôles, une assimilation de la partie concernant la fin des temps dans ces mythes, mais également dans les mythes judéo-chrétiens et musulmans.
Le projet d'Hitler est clair: être la Bête qui vient dévorer le monde lors du jugement dernier, être la personnalisation de l'Armaguédon, c'est-à-dire être le fils de Satan sinon Satan lui-même, à la tête d'une armée de démons (les SA puis les SS) venus semer la terreur sur une terre jusque là dans le bonheur. Cela est conforme à quasiment tous les mythes sur la fin du monde.
Une démonstration? Le symbôle de son drapeau, la croix gammée, est l'exacte inversion de la croix hindoue représentant le symbôle de protection.
Alors pourquoi cette mode aujourd'hui? Difficile, il faudrait une étude socio-psychologique pour l'expliquer. Mais résumons les choses ainsi: quand on est antisémite, anti-chrétien et anti-musulman, difficile de s'avouer d'extrême-droite sans être désavoué par tous ses amis. Ainsi au Liban on préfère dire qu'on est "communiste", en Belgique on se dira "du PTB" mais si on ne veut pas non plus être qualifié de communiste, qu'on ne veut adopter aucune couleur politique, si on se veut vraiment radical, récusant toute assimilation à la société, alors on se dira tout simplement sataniste!
A noter que, tentant de résumer ces propos sur un forum du site wap de Proximus par la phrase: "le plus célèbre des satanistes: Hitler", il m'a été répondu par le modérateur que de tels propos étaient inacceptables sur le forum. Normal: je m'adressais au forum "musique" et la très grande majorité des visiteurs de ce forums affichent une condescendance voire un réel attachement vis-à-vis du satanisme.
Bref, quand on avait dit "plus jamais ça", on aurait jamais imaginé que à peine 50 ans plus tard il y aurait des gens tout prêts à fêter le retour des SS et des gens de société renommées tout prêts à faire de la collaboration!
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