Lundi 5 mai 2008
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Lors d'une récente entrevue, j'avouais être passé par le marxisme avant de me "convertir" au royalisme. Le mouvement semble être un
revirement complet mais je vais tenter d'expliquer en quoi il est au contraire tout naturel.
Dans les premiers écrits de Marx, on trouve une analyse excellente de la Révolution Française. Ouvrage peu abordé car on préfère se référer directement au Capital. Pourtant Marx en reprend l'idée
aussi dans son fameux le Capital. Pour mes lecteurs, je signalerai le très très bon ouvrage "Sociologie des Révolutions" paru au PUF Que sais-je?
Marx analyse ainsi le passage de la société féodale à la société capitaliste:
Dans les villes naît une nouvelle classe sociale formée par les artisants et développée par la suite avec la révolution industrielle: la Bourgeoisie. Si la bourgeoisie acquiert un pouvoir
économique de plus en plus important, devient ainsi un "potentiel libre", elle n'est pas encore libre car elle doit se soumettre à l'autorité de la noblesse qui contrôle les villes et les
bourgades (ou bourgs, d'où le moit belge de bourgmestre).
Elle doit encore attendre que la noblesse s'affaiblisse. Comment cette noblesse va-t-elle s'affaiblir? Marx explique ainsi un facteur essentiel de transformation de la campagne. En effet, la
noblesse possède des terres sur lesquelles travaillent des serfs. Elle ne possède que très peu de biens matériels autres. Lorsqu'un noble a besoin d'un meuble, d'améliorer son château, de
vêtements, etc. il doit faire appel aux artisants. Mais ne sachant les payer avec de la monnaie trébuchante et sonnante (constitutif du nouveau potentiel libre), il offre une part de ses terres à
chacun des artisants auxquels il fait appel.
C'est ainsi que d'une part il y a démembrement des terres, et d'autre part le noble ne contrôle plus qu'un territoire limité insuffisant presque à sa propre subsistance.
C'est dans ce contexte qu'en France sont convoqués les Etats Généraux: noblesse, clergé et tiers-état (bourgeoisie). D'un pouvoir économique on passe à une augmentation nette du pouvoir politique;
la bourgeoisie pèse plus que la noblesse et désormais le potentiel libre devient vraiment libre.
Et c'est la Révolution Française, la mise à sac de la noblesse et du Roi de France et, surtout, la destruction du modèle féodal et l'instauration du capitalisme.
Cette explication vient de Marx lui-même et je suis en total accord avec elle.
Dès lors on sait que la Révolution Française Républicaine n'est autre, ou n'a eu d'autre effet, que l'instauration du libéralisme économique accompagné comme il se doit de l'accès au pouvoir
politique de la bourgeoisie.
Marx pose cette analyse afin de démontrer que tout modèle de vie en société, de lien social, de modèle de production, n'est pas éternel et a une fin. Il analysera ensuite la fin du capitalisme. Et
c'est là que se niche l'erreur des marxistes (et Marx ne cessait de répéter qu'il n'était pas marxiste!), car ils considèrent que l'écroulement du capitalisme mène tout droit au socialisme puis au
communisme.
Contrairement aux marxistes, je pense que si la fin du capitalisme mène au communisme alors il ne s'agit que de la renaissance de ses cendres dudit capitalisme (qu'on nomme couramment
"capitalisme d'Etat"). Car il n'y a pas que la bourgeoisie qui est constitutive du capitalisme. Ce qui la constitue bien plus sont les rapports de production. En un mot:
l'industrialisation. Or ni le socialisme ni le communisme prétendent s'émanciper de l'industrie; tout au contraire le marxisme tente à appliquer l'industrialisation à tout niveau: agriculture,
enseignement, culture, spiritualité, divertissements, etc. C'est ce qui en fait, au sens propre du mot, un totalitarisme: une vision totale du comment doit vivre le lien social et l'individu.
C'est face à ces erreurs, ces errances dans un nostalgisme soviétique aveugle, que je m'oppose maintenant aux marxistes.
Par ailleurs, comme nous l'avons vu, c'est la décapitation de la noblesse qui en France a permis l'essort fulgurant du capitalisme tout comme la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique,
contre la monarchie anglaise, en fit la super-puissance capitaliste par excellence.
Je ne vois donc aucune contradiction à puiser dans Marx quelques arguments royalistes, et je dirai au contraire que le royalisme est un courant qui peut se revendiquer de "marxien" (à ne
pas confondre avec le marxisme). J'estime que toute étude sérieuse des écrits de Marx, de ses théories, mènent au rejet total du communisme et du marxisme.
Par Philippe J-A Le Bihan
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Publié dans : Royalisme, Arts, Culture
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