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Jeudi 22 octobre 2009

Il convient de se demander de quand date le laïcardisme militant, non pas l'affirmation que toutes religions doivent être respectées (vision constitutionnelle belge) mais l'affirmation qu'elles doivent s'effacer au profit de l'athéisme (vision constitutionnelle française). Et bien il date de la Révolution Industrielle, et même d'avant elle, de la colonisation des Amériques!

En effet, c'est dans un nouveau système économique naissant, le capitalisme (par nature libéral et le terme d'ultra-libéral n'ajoutant rien à sa façon d'être nous ne l'emploierons plus ici). 1492: l'Espagne et le Portugal principalement doivent se débarasser d'une Eglise Catholique pour le moins rétive vis-à-vis de l'esclavage. Pour ce qui est des anglais et des hollandais, l'anglicanisme et le protestantisme étant moins regardant sur les valeurs morales à l'époque...

Plus proche de nous, toujours dans le seul modèle capitaliste, Adam Smith fonde les bases de l'économie moderne. "Pour arriver à un résultat optimum il faut que les membres du groupe pensent d'abord et qu'à eux-mêmes", il y avait déjà dans cette affirmation un déni d'éthique, de philosophie venant freiner la libre marche des individus. De même dans l'affirmation marxiste, où là il convient de ne pas freiner la marche du groupe: "pour un résultat optimum, il convient que les membres du groupe pensent d'abord et seulement au bien du groupe". Cette exacte inversion n'enlève rien au caractère anti-éthique du système, qu'il soit Communiste ou Capitaliste.

Dans la théorie moderne du capitalisme libéral on osa même déclarer que "rien ne doit freiner les libres échanges entre les individus, ni Etat, ni dogme". Là clairement, anarchistes, communistes et libéraux se retrouvent sur la même ligne.

Alors il convint de s'attaquer aux philosophies et aux religions. Comme le disait MC Solaar, "il y a plein de philosophes mais plus de philosophie"; de fait la télévision et la radio ont entérinnés la mort de la philosophie aux heures de grande audience pour la reléguer en journée pour les chômeurs et la nuit pour les insomniaques schizos comme moi.

Il ne reste donc qu'un seul rempart à la libre marche du marché: la Religion. Car, qu'on soit cadre ou minimexé, on écoute au moins une fois par mois, si pas plus, la messe ou le culte de sa confession. Cela signifie que l'unique vecteur d'éthique dans notre société est la Religion et non plus la Philosophie comme cela était le cas dans l'Antiquité.

C'est pourquoi tout port d'un signe clairement identifiable de religiosité est perçu comme mal-venu, comme "trouble à l'ordre public", que ce soit en anarchie (Espagne de 1936), en Communisme (ex bloc de l'Est) ou en Capitalisme (nos belles sociétés modernes).

Il faut se poser par ailleurs si le retour du religieux n'est pas tout simplement dû à cette perte de sens, de repères, de bornes dans les limites du marchandable, maintenant suite à la crise financière mondiale, mais bien avant suite à l'éviction de la philosophie et de l'éthique des mass-média.

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Ajout du 5 novembre:

Finalement l'un dans l'autre, face d'un côté aux marxistes révolutionnaires, de l'autre au libéralisme tout aussi révolutionnaire, il apparaît que les deux seuls grands courrants historiques qui sortent du déni d'éthique soient d'un côté en toute logique les sociaux-chrétiens, et plus récemment d'une manière innattendue les sociaux-démocrates.

Nier que les sociaux-démocrates se posèrent depuis longtemps déjà, depuis Mitterrand en France et Jack Lang, leur empreinte visible marquant l'ensemble des partis sociaux-démocrates d'Europe, des questions qui bien qu'inspirées par les Philosophes ne manquaient pas de rejoindre le sens religieux (religarae - relier), et bien ce serait nier la réalité.

De facto la social-démocratie est la seule tendance "marxienne" pour les uns, "libéralo-sociale" pour les autres, qui met à égalité l'individu et le groupe dans ce qu'on pourraît résumer ainsi: "pour un résultat optimum, les membres du groupe doivent tant s'intéresser à eux-mêmes qu'au bien être du groupe", ce qui me semble être un des fondements même de l'éthique que l'on tente d'insuffler au cours de morale de l'école primaire et secondaire, puis au cours de philo des universités quand les étudiants décident de la choisir en option...

Par Philippe J-A Le Bihan - Publié dans : Royalisme, Arts, Culture
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